« Les images IA ont toujours l’air fake. » Je l’entends chaque semaine. En formation, dans les commentaires, dans les groupes Facebook de solopreneurs. Tout le monde et sa mère a un avis là-dessus.

Sauf que le problème est peut-être devant l’écran, pas dedans.

2,1 %. C’est tout.

Une étude menée auprès de 937 adultes américains a analysé leurs prompts. Résultat : seulement 2,1 % contenaient de l’information contextuelle supplémentaire. Voici l’étude.

Deux virgule un pour cent.

Autrement dit : on donne trois mots à l’IA, et on lui reproche ensuite d’avoir produit quelque chose de générique.

« Une femme d’affaires dans un bureau moderne »

Prends ce prompt-là. C’est le genre de demande qu’on tape à la vitesse de l’éclair.

Mais c’est quoi ça, une femme d’affaires?

J’en suis une, et mon uniforme officiel c’est un hoodie et un café refroidi. Aucun tailleur, aucune poignée de main devant une baie vitrée.

Elle a quel âge? Elle porte quoi? Elle a quelle expression sur le visage? Elle est debout, assise, en mouvement? Et le bureau moderne, c’est du verre et du blanc froid, ou du bois et des plantes qui meurent tranquillement dans le coin?

Tu ne l’as pas dit. Donc l’IA a décidé pour toi.

Ce qui se passe quand ton prompt est vague

Quand tu laisses des trous, l’IA les remplit avec ce qui est le plus statistiquement probable. Pas ce qui est vrai. Pas ce qui te ressemble. Ce qui est le plus fréquent dans ses données.

Autrement dit : le cliché. Le stéréotype amplifié x1000.

Blazer noir. Chemise blanche. Cheveux parfaits. Affiche « DISCIPLINE / FOCUS / SUCCESS » au mur. Tasse « Boss Lady » sur le bureau. On l’a tous déjà vue passer, cette image-là.

Et les chances sont que ta femme d’affaires générique soit blanche, mince et dans la trentaine. Pas par hasard : c’est ce que l’IA voit le plus souvent dans ses données. J’en ai fait toute une expérience dans cet article sur les biais des IA, où j’ai généré des portraits de femmes montréalaises de 1980 à 2025.

C’est exactement ça qui donne aux images ce look reconnaissable à 2 km : générique, stéréotypé, immédiatement classé « image IA » par ton cerveau.

Ce n’est pas un bug de l’outil. C’est une conséquence directe de ton manque de contexte.

Le truc simple : va voler des idées sur Pinterest

Avant même d’écrire ton prompt, ouvre Pinterest et cherche ton idée.

Choisis quatre ou cinq images qui ressemblent vraiment à ce que tu as dans la tête. Pas « ça fait la job ». Vraiment.

Ensuite, regarde-les comme il faut :

Puis décris ça à ChatGPT. C’est tout. Ça prend quatre minutes et ça change tout.

Encore mieux : le prompt en JSON

Quand tu veux vraiment contrôler chaque détail, arrête d’écrire un paragraphe et écris une structure.

Le JSON force l’IA à traiter chaque élément séparément : la scène, la lumière, la caméra, le sujet, les vêtements, la palette de couleurs. Rien n’est laissé au hasard, parce que chaque champ est une décision que tu prends au lieu de la déléguer aux statistiques.

Bonus énorme : le negative_prompt. C’est là que tu bannis explicitement les clichés que tu ne veux pas voir apparaître.

Voici le prompt exact que j’ai utilisé pour générer l’image « avec contexte » de mon post :

{
  "prompt_type": "photorealistic personal branding photography",
  "aspect_ratio": "4:5",
  "scene": {
    "location": "bright home office",
    "environment": "cozy, lived-in workspace with white built-in bookshelves filled with books, notebooks, framed photos, small plants and personal decor",
    "background_elements": [
      "large white-framed windows with horizontal blinds",
      "white shelving unit",
      "stacked books and notebooks",
      "small indoor plants",
      "desktop computer with a large monitor",
      "wooden chair with a fluffy white cushion in the foreground"
    ],
    "lighting": {
      "type": "natural window light",
      "quality": "bright, soft and diffused",
      "direction": "coming from the right side and slightly behind the subject",
      "temperature": "neutral-warm",
      "exposure": "bright and airy with slightly overexposed windows"
    },
    "mood": "warm, confident, approachable and professional"
  },
  "camera": {
    "angle": "slightly low eye-level angle",
    "framing": "vertical three-quarter portrait, cropped around the lower legs",
    "distance": "medium-wide",
    "lens": "35mm",
    "depth_of_field": "moderate, subject sharp with detailed background",
    "composition": "subject positioned near the center, leaning slightly toward the desk, with foreground furniture creating depth",
    "style": "natural editorial lifestyle photography"
  },
  "subject": {
    "gender_presentation": "woman",
    "age_range": "early to mid 30s",
    "skin_tone": "deep brown",
    "body_type": "average, natural proportions",
    "hair": {
      "color": "dark brown to black",
      "style": "sleek low bun with a clean middle part"
    },
    "face": {
      "expression": "warm, confident smile",
      "gaze": "looking directly into the camera",
      "makeup": "polished natural makeup with defined brows, subtle eyeliner and berry-toned lipstick"
    },
    "eyewear": "clear translucent cat-eye glasses",
    "pose": {
      "position": "standing beside a desk",
      "body_angle": "slightly angled toward the camera",
      "left_arm": "resting naturally along the body",
      "right_arm": "extended slightly backward and resting on the desk or chair",
      "posture": "relaxed and confident"
    }
  },
  "wardrobe": {
    "blazer": "tailored grey and beige plaid blazer with structured shoulders and flap pockets",
    "top": "fitted white camisole with a soft V neckline",
    "pants": "high-waisted dark charcoal or black jeans",
    "style": "smart casual professional"
  },
  "accessories": {
    "earrings": "medium silver hoop earrings",
    "necklace": "delicate gold chain with a small round pendant",
    "glasses": "clear acetate frames"
  },
  "color_palette": [
    "white", "warm beige", "grey", "charcoal",
    "soft blush", "muted orange", "natural green"
  ],
  "image_quality": {
    "realism": "highly realistic",
    "texture": "natural skin texture, visible fabric weave and detailed interior objects",
    "finish": "clean, bright editorial finish",
    "resolution": "high resolution"
  },
  "negative_prompt": [
    "sterile corporate office",
    "empty shelves",
    "overly minimalist decor",
    "harsh artificial lighting",
    "heavy background blur",
    "stiff pose",
    "plastic skin",
    "excessive retouching",
    "distorted hands",
    "warped furniture",
    "unreadable facial features",
    "AI-generated artifacts"
  ]
}
    

Regarde bien la section negative_prompt. « Sterile corporate office », « plastic skin », « excessive retouching », « stiff pose ». C’est littéralement la liste de tout ce que l’IA aurait fait par défaut si je m’étais fermé la trappe.

Et remarque autre chose : les étagères ne sont pas vides. Il y a des livres empilés, des plantes, des cadres, un coussin de fourrure sur une chaise en bois. C’est le désordre qui rend une image crédible. Une pièce parfaitement rangée, c’est le premier signal que ton cerveau interprète comme « faux ».

Ce que ça change concrètement

Deux images. Même outil. Même modèle.

Deux photos côte à côte façon polaroid : à gauche, la femme d’affaires stéréotypée en blazer noir ; à droite, une femme dans un vrai bureau à la maison, avec des étagères pleines et de la lumière naturelle

La première : « une femme d’affaires dans un bureau moderne ». Blazer noir, tasse Boss Lady, affiche motivationnelle. Un stock photo de 2014 régurgité par une machine.

La deuxième : 80 lignes de contexte. Une vraie personne, dans un vrai bureau, avec de la vraie lumière.

La différence, ce n’est pas l’IA. C’est le temps que tu as accepté de mettre à décrire ce que tu voulais.

En résumé

Petite question avant que tu fermes l’onglet : ton dernier prompt d’image, il faisait combien de mots? Compte-les. Je suis curieuse de voir si t’es dans le 2,1 %.


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~ Mélanie

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